Vous choisissez encore vos têtes plombées au poids ? La forme peut tout changer

Vous choisissez encore vos têtes plombées au poids ? La forme peut tout changer
16/09/2026  -  Carnassier, Leurres

Quand j’ouvre une boîte de têtes plombées, le premier réflexe est souvent de regarder les grammages. 5 g, 7 g, 10 g, 14 g… et on choisit celui qui semble correspondre à la profondeur ou au courant.
C’est évidemment important, mais ce n’est qu’une partie du choix. La forme de la tête plombée influence directement la descente, la stabilité et la manière dont le leurre va réagir au moindre coup de scion.

À poids égal, une tête ronde, une football ou une dart ne feront donc pas du tout travailler le leurre de la même manière. Et c’est justement là que ça devient intéressant.

Avant la forme, je vérifie quand même le poids et la taille de l’hameçon

Je commence toujours par deux choses : où je veux pêcher dans la couche d’eau et quel leurre je veux monter.

Pour le grammage, la vieille base d’environ 1 g par mètre d’eau peut servir de point de départ en eau calme, mais certainement pas de règle absolue. Un shad avec une grosse caudale freine énormément sa descente, alors qu’un finesse traverse beaucoup plus facilement la colonne d’eau. Le courant, le vent, la profondeur et la vitesse de récupération peuvent ensuite faire doubler le poids nécessaire.

Je regarde également la longueur de l’hameçon. Sur beaucoup de leurres souples, j’aime que la pointe sorte approximativement dans le premier tiers du corps. Si l’hameçon va beaucoup trop loin, il rigidifie le leurre et peut brider sa nage.

Et évidemment, je n’utilise pas le même fer pour une perche de trente centimètres que pour un gros brochet. Hameçon plutôt fin sur les pêches légères, beaucoup plus robuste dès que la puissance du matériel et celle du poisson augmentent.

La tête ronde : celle que je choisirais si je ne devais en garder qu’une

La tête plombée ronde est la plus simple et probablement celle avec laquelle je conseillerais de commencer.

Sa forme ne cherche pas vraiment à imposer un comportement particulier au leurre. Elle fonctionne aussi bien sur un shad qu’un finesse ou un petit grub et permet de pêcher en linéaire, en dents de scie ou à proximité du fond.

Lorsque j’arrive sur un secteur que je connais mal, c’est souvent une tête ronde qui me sert à chercher la pêche. Je lance, je varie le temps de descente puis ma vitesse de récupération pour explorer plusieurs couches d’eau.

Elle n’excelle pas forcément dans une technique très spécifique, mais elle fait presque tout correctement. Et certains modèles disposent d’un anti-herbe, ce qui peut être pratique dans une végétation légère.

Si vous débutez au leurre souple et que vous ne voulez pas remplir immédiatement trois boîtes de têtes différentes, c’est clairement par là que je commencerais.

La tête football : quand je veux garder du contact avec le fond

La forme football ressemble à un ballon de rugby posé sur le côté. Sa largeur lui apporte beaucoup de stabilité lorsqu’elle touche le fond et limite sa tendance à basculer dans certaines anfractuosités.

C’est une forme que j’apprécie particulièrement pour gratter des fonds durs, caillouteux ou composés de graviers, notamment pour la perche, le sandre ou le black-bass.

Selon le dessin de la tête et le shad utilisé, cette largeur peut également accentuer le rolling, ce petit mouvement de balancier du leurre de gauche à droite pendant la récupération. C’est notamment quelque chose que l’on peut rechercher en linéaire pour le brochet.

Je la vois donc comme une tête particulièrement intéressante lorsque le fond fait réellement partie de ma pêche, ou que je souhaite battre du terrain et prononcer le signal vibratoire.

La tête sabot : celle que j’aime pour la verticale et les présentations posées

La tête sabot possède une base assez large et aplatie. Une fois posée, elle tend à maintenir le leurre dans une position très stable avec l’hameçon orienté vers le haut.

C’est exactement ce que je recherche sur certaines pêches verticales du sandre. Le leurre peut évoluer quelques centimètres au-dessus du fond puis venir s’y poser proprement sans systématiquement basculer sur le côté. Elle est également intéressante pour certaines pêches à gratter où je veux conserver une présentation très proche du fond.

En revanche, ce n’est pas forcément la tête que je choisirais pour pêcher rapidement une grande couche d’eau. Sa forme est justement pensée pour la stabilité et le contact avec le fond plutôt que pour fendre l’eau.

Sur une pêche lente de sandres peu actifs, c’est une vraie différence.

La tête dart : pour faire partir le leurre de droite à gauche

Là, on change complètement de logique.

Les têtes de type dart sont généralement pointues, profilées et dessinées pour devenir volontairement instables lorsque l’on imprime des coups de scion. Avec un slug ou un finesse assez souple, une animation sèche peut faire partir le leurre brutalement sur le côté, puis de l’autre côté au coup suivant. C’est ce qu’on appelle le darting.

Je l’utilise donc beaucoup moins pour un simple lancer-ramener régulier que pour une pêche où l’animation fait réellement partie du déclenchement.

C’est particulièrement intéressant sur les perches, les bars ou les carnassiers qui suivent un petit poisson blessé. Une succession de deux ou trois jerks, puis une pause pendant laquelle le leurre retombe, peut provoquer une attaque très différente de celle obtenue avec un shad ramené tout droit.

Plus le leurre utilisé est fin et peu bridé par sa propre caudale, plus ces écarts latéraux deviennent faciles à obtenir.

Les têtes profilées type Nitro Head : le leurre et la tête doivent fonctionner ensemble

Certaines têtes plombées sont plus difficiles à ranger dans une simple famille géométrique.

Je pense notamment aux ensembles développés autour d’un shad particulier, comme les Nitro Head / Nitro Shad, ou à d’autres systèmes où le profil de la tête vient véritablement prolonger celui du leurre.

Ici, l’objectif est de créer un ensemble cohérent et hydrodynamique.

La tête épouse le nez du shad et son dessin peut favoriser le rolling, la stabilité ou une descente plus rapide. C’est particulièrement utile sur les pêches de bar en traction ou en linéaire, mais le principe fonctionne tout autant sur certaines pêches profondes en eau douce.

En traction, je laisse le montage atteindre la profondeur souhaitée puis je le décolle avec une animation assez ample avant de contrôler sa redescente. La tête doit alors conserver une trajectoire propre et permettre au leurre de travailler aussi bien pendant la montée que durant la chute.

Le mid strolling est probablement l’exemple parfait.

Le principe consiste à faire évoluer un petit leurre souple de type minnow ou finesse horizontalement au milieu de la couche d’eau, en lui donnant un rolling permanent avec de petites animations régulières du scion.

Je ne cherche pas à faire bondir le leurre comme avec une tête dart. Je veux plutôt qu’il roule d’un flanc sur l’autre tout en avançant très lentement. Pour cela, la tête doit être légère et parfaitement équilibrée avec le leurre. Son centre de gravité, la position de l’œillet et la manière dont le leurre est monté ont une influence énorme sur le résultat.

Le montage doit surtout être parfaitement droit. Un leurre légèrement vrillé sur l’hameçon aura tendance à tourner ou à partir toujours du même côté au lieu de produire ce rolling subtil.

Je choisis généralement le grammage le plus léger possible tout en restant capable de tenir la profondeur souhaitée. Trop lourd, le montage plonge rapidement et oblige à accélérer. Plus léger, il reste suspendu plus longtemps et permet cette récupération lente caractéristique du mid strolling.

 

 

Crédit photos :

@andysalmeron.fishing

@illex_official

 

 

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